PRESENTATION DE L'AIDEA > A lire
   Les banquiers ne paient pas l’addition
  Patrick Bonazza
Hachette Littératures

La crise financière et économique que nous traversons depuis bientôt deux ans est l’occasion pour un certain nombre de ceux qui ont profité de l’hypertrophie du secteur financier -et qui ont contribué à son explosion- de non seulement nous expliquer qu’ils avaient tout vu, tout prévu mais aussi d’arrondir leurs fins de mois. On ne se refait pas…!

Il est donc particulièrement difficile de s’y retrouver et cela est d’autant plus dommage que l’on trouve, parmi les dizaines de livres déjà publiés sur le sujet, des ouvrages intéressants permettant de se faire une idée objective de ce qui s’est réellement passé.

C’est le cas notamment du petit livre intitulé « Les banquiers (1) ne paient pas l’addition » écrit par Patrick Bonazza, rédacteur en chef du service Economie du magazine Le Point qui, en moins de 150 pages et à peine deux heures de lecture (2), permet de mieux comprendre, grâce à une série de cas concrets, citations et anecdotes, les éléments qui ont conduit à la crise que nous savons, le premier d’entre eux étant justement que « les banquiers ne paient pas l’addition » puisque « cette certitude est de nature à encourager les comportements qui poussent à la faute » (3).


On y retrouve ainsi tous les principaux acteurs de cette tartuferie, les subprimes, le private equity « faiseur de miracles », les LBO, les hedge funds « donneurs de leçons », les banques d’investissement américaines (au premier rang desquelles Bear Sterns et Lehman Brothers) et, en toile de fond, tous les « professionnels » du secteur, des traders aux dirigeants des sociétés concernées qui, animés par « la soif de l’or » (4), apparaissent comme les principaux responsables du désastre, en passant par les simples standardistes qui ont bénéficié, à leur niveau, des largesses du système.

Le passage le plus intéressant du livre (5) est sans conteste celui qui décrit comment Stephen Schwarzman, emblématique dirigeant de la société Blackstone, après avoir bâti tout son discours et ses activités sur la nécessité de s’exonérer du « dicktat de la bourse, (…) nid de contraintes inutiles » (6), n’hésita pas à introduire le groupe en bourse en juin 2007 moyennant malgré tout la modique somme de 677 millions de dollars issue de la vente d’une (petite) partie de ses actions, son associé Peter Peterson cédant quant à lui des actions pour près de 1,9 milliard de dollars... « Greed is good » (7) pour les « working riches » (8) que l’on peut traduire par « la cupidité est une bonne chose pour les riches qui travaillent (ou « les travailleurs riches » par opposition aux « travailleurs pauvres ») ; tout est dit.


Achevé de rédiger le 9 septembre 2009
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(1) Par « banquiers », il faut entendre selon nous l’ensemble des dirigeants des entreprises du secteur financier.
(2) A ce titre, si l’on devait faire un reproche à ce petit livre, ce serait à propos de son prix qui, à 13 euros, nous paraît somme toute un peu élevé.
(3) Page 104.
(4) Page 7.
(5) Nos adhérents liront toutefois avec un intérêt tout particulier le paragraphe intitulé « Rififi chez les Wendel » (pages 119 à 124) consacré à certains aspects de la gestion de la société au cours des dernières années.
(6) Page 71.
(7) Page 113 (c’est Gordon Gekko, le héros du film Wall Street, qui a immortalisé cette expression).
(8) Page 115.

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Publié le 09/09/2009 Retour
 
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Publié le 26/10/2008