Compte tenu de la place démesurée prise par les activités de marché au cours des vingt dernières années, les institutions financières en général et les banques en particulier ont cru qu’elles pouvaient passer de leur statut de simple intermédiaire financier à celui d’industriel, créateur de richesse.

C’était oublier un peu vite, s’agissant des banques notamment, que l’argent qui leur était confié ne leur appartenait pas (et pouvait donc, en principe, leur être retiré), que seules les activités productives sont génératrices de richesse pérenne et, enfin et surtout, que la richesse qu’elles affirmaient créer, notamment dans les dernières années, ne reposait, pour l’essentiel, sur rien de réel.

Dans ce contexte, il ne fait guère de doute qu’une réflexion sur le fonctionnement du secteur financier doit être menée parallèlement à la refonte du système financier international que souhaitent engager une majorité de responsables politiques afin qu’émerge notamment une meilleure régulation des activités de marché.

L’Aidea souhaite contribuer à cette réflexion et, par une information de qualité et des propositions ciblées, entend que toute leur place soit rendue aux épargnants et aux actionnaires, qui ont été les principales victimes de l’hypertrophie du secteur financier, et que leur rôle essentiel dans le financement de l’économie soit reconnu.

S’agissant des épargnants, l’Aidea concentrera dans un premier temps ses efforts sur la défense des intérêts des porteurs de parts d’Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (les O.P.C.V.M., c’est-à-dire les S.I.C.A.V. et les F.C.P.) afin d’obtenir une meilleure gouvernance tant des produits dans lesquels ils investissent que des sociétés qui les gèrent et l’inversion du rapport de forces qui a permis aux établissements financiers de leur confisquer une part trop importante non seulement des avantages fiscaux procurés par certains placements par le biais de droits d’entrée et de frais de gestion élevés mais aussi de la performance qui aurait logiquement dû leur revenir, généralement sous couvert d’innovation.

S’agissant des actionnaires, et au risque de surprendre, l’Aidea souhaite réhabiliter le rôle essentiel des entrepreneurs-actionnaires, fussent-ils majoritaires, dans la création de richesse. Pour ce faire, elle entend combattre les demandes exorbitantes et injustifiées de gérants de fonds qui, forts du pouvoir que leur confèrent les capitaux que leur ont confiés les épargnants et bien que n’ayant généralement jamais géré eux-mêmes d’entreprise et ne détenant souvent que quelques fractions du capital des sociétés concernées, exigent de leurs dirigeants non seulement des rentabilités susceptibles d’hypothéquer durablement leur potentiel de développement futur, mais aussi une représentation dans les instances dirigeantes sans commune mesure avec leur participation.

Toutefois, fidèles aux engagements pris envers les épargnants, nous ne manquerons pas non plus de nous ériger contre tout dirigeant qui adopterait un comportement incompatible avec une prise en compte respectueuse des intérêts de toutes les parties prenantes.
 
> Voir les engagements de L'Aidea en faveur des épargnants
> Voir les engagements de L'Aidea en faveur des actionnaires
 
Consultations
O.P.C.V.M.
Gouvernance
Vous êtes une société de gestion et avez mis en place ou souhaitez mettre en place une gouvernance de vos O.P.C.V.M. conforme aux mesures préconisées dans notre proposition n°5 en faveur des épargnants ?

Contactez-nous et nous assurerons la promotion des O.P.C.V.M. concernés sur notre site.

> consultation@aidea-france.org
Publié le 26/10/2008
À lire
Les banquiers ne paient pas l’addition
Patrick Bonazza
Hachette Littératures
La crise financière et économique que nous traversons depuis bientôt deux ans est l’occasion pour un certain nombre de ceux qui ont profité de l’hypertrophie du secteur financier -et qui ont contribué à son explosion- de non seulement nous expliquer qu’ils avaient tout vu, tout prévu mais aussi d’arrondir leurs fins de mois. On ne se refait pas...!

Il est donc particulièrement difficile de s’y retrouver et cela est d’autant plus dommage que l’on trouve, parmi les dizaines de livres déjà publiés sur le sujet, des ouvrages intéressants permettant de se faire une idée objective de ce qui s’est réellement passé.

C’est le cas notamment du petit livre intitulé « Les banquiers ne paient pas l’addition » écrit par Patrick Bonazza, rédacteur en chef du service Economie du magazine Le Point qui, en moins de 150 pages et à peine deux heures de lecture, permet de mieux comprendre, grâce à une série de cas concrets, citations et anecdotes, les éléments qui ont conduit à la crise que nous savons, le premier d’entre eux étant justement que « les banquiers ne paient pas l’addition » puisque « cette certitude est de nature à encourager les comportements qui poussent à la faute ».
Publié le 09/09/2009         Lire la suite